Les Almohades
(littéralement Unionistes) étaient au départ
un mouvement religieux rigoureux et austère qui bannissait
toutes les formes d'art, d'aisance et de luxe qui avaient fait
leur apparition dans la cour des Almoravides. Son fondateur a
été Mohamed Ibn Abdellah Ibn Toumert, savant religieux
et prédicateur d'un grand charisme. Il est issu de la tribu
berbère des Masmouda. Il s'est proclamé Mehdi Mountazar
(équivalent du Messie). Après avoir rallié
une grande partie des tribus du sud autour de son fief à
Tinmel dans le Haut-Atlas, il attaqua Marrakech, échoua
dans sa reddition et mourut peu après. Abdelmoumen Ibn
Ali, son compagnon d'arme, réorganisa son armée
et profitant des troubles qui ont succédé au décès
du roi Ali puis de son successeur Tachfine prit Fès, puis
Salé et enfin Marrakech en 541H/1146 et y fonda la dynastie
des Almohades.
Abdelmoumen
entreprit alors la réunification de l'empire. Il construisit
la flotte, organisa l'armée, le cadastre et les impôts
et sécurisa les voies de communication. Son petit-fils
Yaacoub Al Mansour (le Victorieux) donna un coup d'arrêt
à la Réconquista dans la bataille d'Alarcos en 1195
est fût proclamé roi de Séville. Les frontières
de l'empire élargies jusqu'en Tunisie et la Sicile à
l'Est et jusqu'en Andalousie, au-delà de Valence, au Nord.
L'économie
connut un développement sans précédent. Le
commerce transsaharien s'élargit jusqu'au Soudan et le
commerce maritime prit un essor exemplaire. Un courant d'échange
prit forme avec les grands ports européens : Venise, Gène,
Marseille et Barcelone ainsi qu'avec l'Asie via le Moyen-Orient.
La richesse
intellectuelle atteignit son apogée avec Averroès
(Ibnou Rouchd). L'activité artistique et architecturale
suivit cette évolution de très près. En effet,
la grandeur des constructions n'avait d'égale que celle
de l'empire. Al Giralda à Séville, Al Koutoubia
à Marrakech, la Tour Hassan à Rabat, la Kasbah des
Oudayas et la ville de Rabat (Ribat Al Fath = camp de la Victoire),
sont témoins à nos jours, du géni Maroco-Andalous
libéré par la force constructive des Almohades.
Mais l'étendu
de l'empire des Almohades portait en elle les germes de sa fragilité
qui ne tardèrent pas à se manifester dés
les premiers signes de faiblesse. En effet les ennemis sont nombreux
: les opposants intérieurs les Beni Merines et rois arabes
des Taïfas chassés du pouvoir en Andalousie, les convoitises
des Hafsiyines à l'Est et les rois espagnols de Castille
au Nord. La défaite dans la bataille d'El Okab face à
ces derniers fit précipiter l'effritement de l'empire et
accélérer les dissidences et les dissensions intérieures.
A ces maux se sont ajoutées des catastrophes naturelles
: les maladies et la sécheresse qui ont éprouvé
l'économie intérieure et affecté les échanges
extérieurs. Al Maamoun roi des Almohads, mu par une volonté
de réforme, renia les bases spirituelles et dogmatiques
de l'Etat Almohad et évinça du pouvoir les grands
chefs restés fidèles au mouvement politique de départ.
Il mit ainsi un terme au rayonnement de cette grande dynastie.
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