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Les Alaouites

Le début du 17ème siécle sonna le glas de l'unité nationale du Maroc et la fin des Saadiyines ne fut qu'anarchie généralisée qui vit apparaître des rivalités non pas entre tribus, mais entre personnes et groupement d'intérêt. Les calamités naturelles qui s'abattaient sur le Maroc par intermittence, sécheresse, disette et épidémie faisaient que la seule ressource sure de financement de l'Etat était le commerce extérieur articulé d'avantage autour de l'intermédiation nord-sud que de l'exportation. Le commerce transsaharien prenait alors une importance décisive dans la stabilité de l'Etat. C'est justement ce commerce qui va être au centre de convoitises de luttes intestinales. Le déchirement est total.

C'est dans ce contexte qu'intervint l'avènement des Alaouites. Chorfas (descendants du Prophète) ils étaient installés à Tafilalet depuis le XIIIème siècle. Trois fils de Moulay Chrif : Moulay M'hammed, Moulay Rachid et Moulay Ismaîl prirent à leur charge l'unification du Maroc. Commençant par le contrôle des voies de communication transsahariennes, ils évoluèrent progressivement vers le Nord jusqu'à la réunification totale du pays.

Moulay Ismaïl fut de part la durée de son règne (45 ans), sa détermination à mettre au pas la dissidence et son caractère de bâtisseur, de loin celui qui a marqué la mémoire de l'histoire du Maroc de la fin du 17ème et au début du 18ème siècle. Il fonda la ville de Meknès et rétablit la puissance de l'Etat dans son pouvoir absolu. La disparition d'un homme puissant et centralisateur laisse toujours un vide très propice à la division. C'est ce qui se passa après la disparition de Moulay Ismail. Ses successeurs ont eu alors à gérer cette situation en alliant la force à la diplomatie. Moulay Mohamed Ben Abdellah, la stabilité restaurée, s'attela à l'organisation de l'économie. Il fit construire deux nouveaux ports sur l'Atlantique : Anfa (Casablanca) en 1760 et Essaouira en 1765. L'objectif était de relancer le commerce extérieur. Il y réussit très bien.

Mais les calamités s'abattirent encore une fois sur la Maroc :
7 années de sécheresse, la peste et la disette. La population marocaine évaluée à 7 millions et demi du temps des Almohades, à 5 millions à l'avènement de la dynastie Alaouite tomba à 2 millions et demi. Les campagnes se vidèrent, l'économie fut presque en panne.

La récession du Maroc n'avait d'égale que la prospérité de l'Europe qui fit son entrée dans l'ère industrielle. Le Maroc avait bien conscience de la disparité qui se creusait entre lui et ces pays mais l'inimitié séculaire rendait difficile son ouverture. Les tentatives initiées dans ce sens étaient freinées par la crainte de renforcer les puissances naissantes, à la recherche de marchés, et de déstabiliser les petits métiers qui constituaient le tissu économique national. Le Maroc se referma sur lui même dans un état d'autarcie stérile .

Les bateaux à vapeur arrêtèrent le commerce caravanier, et tuèrent les routes transsahariennes. Les recettes de l'Etat diminuèrent. Sa puissance régressa et la première à en souffrire fut son armée. La bataille d'Isly (1844) où Moulay Abderrahman alla à la rescousse d'El Amir Abdelkader attaqué par les Français, mit à nu cette faiblesse et déchaîna les puissances européennes contre le Maroc, dans un élan de rivalité et de convoitise. Le Maroc fit l'objet d'attaque de toutes parts. Le Trésor Public sera mis à mal et l'Etat fut obligé de s'endetter et, de mal en pis, le Maroc perdit sa souveraineté en 1912 avec la signature du traité du protectorat.

L'arrivée de l'armée française donna lieu à une résistance farouche de la part des marocains. Des épopées historiques fussent enregistrées avec le sang des martyres, notamment dans le Rif et dans l'Atlas. La pacification du Maroc ne fut totale qu'au début des années trente. Intervient alors la résistance politique organisée autour des partis nationalistes. Cette résistance prendra un caractère généralisé à partir de l'exile de Feu Mohamed V en 1953 dans le cadre de la Révolution du Roi et du Peuple. L'action militaire, doublée d'une action politique et appuyée par une mobilisation totale de la nation aboutit, en 1956, au rétablissement de la souveraineté nationale et à l'indépendance du Maroc.

Un Maroc nouveau était né. Il s'agissait alors de reconstruire le jeune Etat indépendant, d'assurer son intégrité territoriale (Sidi Ifni 1969, Sahara 1975), de jeter les bases de son indépendance économique et de moderniser ses institutions dans le cadre d'un régime monarchique constitutionnel. C'était la première tâche menée par Feu le Roi Hassan II.

L'avènement de son successeur Sa Majesté le Roi Mohammed VI a été accueilli par l'enthousiasme général des marocains. Continuant l'œuvre constructive de son Auguste Père, il a marqué son début de règne par une action spécifique visant notamment à enraciner la culture des Droits de l'Homme, à lutter contre les disparités sociales et à relancer l'économie nationale. Le renforcement des institutions démocratiques, la réforme du système administratif et la mise à niveau de l'économie nationale constituent désormais l'action inlassable de l'Etat, prélude à l'ouverture du Maroc sur le monde extérieur.

 

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