T a p i s
Dès son apparition, le tapis répond à un besoin pratique et à
une aspiration artistique. On distingue deux types de tapis :
le tapis citadin et le rural. L'origine des tapis citadins, '(et
notamment ceux de Rabat, Médiouna et Casablanca) donne lieu à
certaines controverses, contrairement à l'origine du tapis bédouin.
Ainsi, on peut trouver au tapis " R'bat " des influences andalouses
ou encore d'Asie Mineure.
La
fabrication d'un tapis s'effectue en plusieurs étapes, allant
de la préparation de la laine au tissage. Après la tonte, la laine
est lavée. Elle est ensuite, teinte puis ourdie, ( opération qui
consiste à la mettre en place sur le métier à tisser). Les tisseuses
accompagnent chaque opération de prières pour éloigner de la laine
les esprits maléfiques.
La valeur
d'un tapis se reconnaît à la finesse et à la solidité des fils
de chaîne et de trame. Par ailleurs, le nombre de nœuds au décimètre
carré permet de différencier les tapis ruraux (environ 50 nœuds),
des tapis citadins (400 nœuds).
Les
tapis citadins, et surtout ceux de Rabat et Médiouna sont d'inspiration
orientale. La qualité est déterminée par le nombre de points au
mètre carré, allant de 40 000 à 90 000 points au mètre carré.
On reconnaît le tapis de Médiouna à son champ central qui comporte
souvent plusieurs médaillons. La caractéristique des tapis citadins
est leur longueur.
Les tapis
ruraux du Moyen-Atlas sont réalisés par les tribus Béni M'Guild
et sont reconnaissables à leur velours blanc et soyeux. Ils ont
d'abord un but utilitaire et servent par exemple de litière. Les
lieux de production sont nombreux, et les couleurs et décorations
varient d'une tribu à l'autre. A Zemmour, par exemple, la couleur
rouge domine, alors que les tapis Zayanes sont munis d'une trame
bleue.
Dans le Haut-Atlas,
la technique de tissage est similaire à celle employée pour le
tapis citadin.
Les tapis
dits de " Aît-Ouaouzguite " sont fabriqués entre Ouarzazate
et
Taznakht. On y utilise des métiers à tisser en bois qui permettent
la réalisation d'un tapis à frange sur un côté uniquement. Quant
au métier à tisser en métal, il est employé pour la création d'un
tapis à franges sur les deux côtés. Véritable œuvre d'art, chaque
tapis est une pièce unique.
Enfin, le
tapis du Haouz de Marrakech, réalisé par des tribus arabes, tire
sa spécificité de son fils de chaîne en poil de chèvre ou mélangé
à de la laine noire. La trame est en laine rouge et le tissage
est lâche. La lisière en poil de chèvre est tissée en dent de
scie et pénètre le velours noué.